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Les Alcyons en danger

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REPORTAGE à GUETHARY
Les deux restaurants des Alcyons, menacés de fermeture par l’État, vivent une saison fade. Sans savoir de quoi leur avenir sera fait

Pas loin de 14 heures et des poussières, hier, sur la jetée des Alcyons. Le ciel vire, enfin, au bleu et Bernard Marcel, le chef propriétaire du restaurant Les Alcyons, envoie son dernier plat, un merlu à l’espagnole pour deux personnes. « Cela fait du bien de revoir le soleil, et d’avoir une terrasse pleine», souffle le restaurateur emblématique de la jetée où il est installé depuis… 1983 !

IMG_3358.JPGCet hiver, son restaurant de bord de mer, tout comme celui voisin d’Harotzen Costa, a pris de plein fouet la tempête Hercules. Bilan des trois coups de tabac successifs, entre janvier et mars, les terrasses en bois des deux « paillotes » ont été détruites. Et, dans la foulée, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques a fait savoir au maire de Guéthary ainsi qu’aux professionnels concernés qu’ils devraient cesser leur activité à partir de la rentrée 2014.

Principe de précaution et respect de la loi littoral ont argué les autorités pour justifier cette décision unilatérale, qui passe très mal dans l’ex-petit port de pêcheurs, devenu au mitan des années 2000 la destination préférée des Parisiens en goguette sur la Côte basque.

Pot de terre contre pot de fer

Des estivants et résidents secondaires parmi les plus célèbres qui ont pris fait et cause pour la défense des restaurants des Alcyons et leur maintien sur cette jetée. La municipalité a créé au début de l’été une page Facebook « Sauvons Guéthary », qui compte plus de 3 000 mentions « J’aime ». Des courriers et des e-mails de soutien ont été reçus en mairie. Dont celui de Frédéric Beigbeder, le résident de Cénitz, un peu à l’origine de cette « Guéstarisation » de la commune.

Hier, 11 heures, assis sur un tabouret du Madrid, l’écrivain vedette se faisait philosophe : « Cette histoire, c’est un peu celle de l’Homme contre la nature. Nous savons que l’océan est plus fort, que l’homme finira par perdre, qu’un jour, ici, sur la Côte basque, des plages entières seront recouvertes d’eau. Mais Guéthary est un village qui s’est toujours battu contre les éléments. Supprimer purement et simplement ces deux restaurants qui font partie du patrimoine estival de la station est une solution un peu définitive, je trouve.»

La situation reste tendue sur place, entre les professionnels, soutenus par laIMG_3349.JPG municipalité, et les services de l’État, qui se montrent fermes et ont pris, juste avant la saison, des arrêtés d’interruption des travaux (AIT), qui ont eu du mal à passer auprès des restaurateurs. Ainsi Harotzen Costa n’a pas pu recouvrir sa terrasse, tandis que Les Alcyons ont réussi, à un jour près avant de recevoir l’arrêté, à poser une toiture amovible sur une partie de leur deck extérieur.

« Cet AIT a été dur à vivre, car les services de l’État nous avaient accordé le droit de faire des travaux pour assurer la saison, conviennent Cyril Anido et Philippe Usandizaga, gérants de Harotzen Costa. Et du jour au lendemain, nous n’avons pas pu poser une structure en toile pour protéger notre terrasse ! Et comme le temps n’a pas été de la partie, vous imaginez le résultat…»

« Il faudra trouver un terrain d’entente,
négocier pour que tout le monde
y trouve son compte
 »

Les deux gérants évoquent une baisse de 70 % de leur activité. Mais ne souhaitent pas en dire davantage. « C’est le pot de terre contre le pot de fer, néanmoins, nous ne nous laisserons pas faire», affirment les deux patrons, fort de la convention d’occupation du domaine public qui les lie avec la commune pour six ans encore.

« On ne nous dit rien »

Une réunion a eu lieu fin juillet à la sous-préfecture de Bayonne. Rien n’a été décidé, même si Albert Larrousset, le maire, qui se refuse à tout commentaire officiel, convient qu’il n’a pas reçu de signe très positif à l’issue de cette rencontre. Les parties doivent se revoir à la rentrée. « Il faudra trouver un terrain d’entente, négocier pour que tout le monde y trouve son compte», espère un proche du dossier, qui explique qu’il n’y a pas de solution de repli envisageable, comme l’avait recommandé la préfecture. 

« Mais pour aller où ?», interroge Bernard Marcel, qui surfait déjà tout gamin à Parlementia. « Pour le moment, on ne sait rien, on ne nous dit rien, le dossier est très complexe, c’est le flou le plus total sur notre avenir.» La municipalité – qui a classé dans son PLU en 2004 cette partie de la jetée en zone Nef, zone naturelle des falaises, avec un plan plage qui autorise des constructions en dur de surface de plancher de 50 m² maximum – va devoir jouer serré pour maintenir deux adresses emblématiques de la station, qui emploie 16 personnes en saison.

Sur ce dossier en particulier, comme c’est aussi le cas au sujet des plages privées de la Côte d’Azur, l’État a décidé de se montrer inflexible. Le préfet Durand et le sous-préfet Dallennes, actuellement en vacances, étaient injoignables hier. Entendront -ils le cri du cœur de Beigbeder et ses amis : « Sauvons Guéthary » ?

Les gérants des Alcyons, hier, dans leur restaurant de bord de mer. [Photo Bertrand Lapègue]


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