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Stars et truands, épisode 1/3

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LA SAGA DE L'ETE

Thierry Colombié, spécialiste de la grande criminalité, décrypte le Milieu et ses liens étroits avec le show-bizness dans son dernier livre « Stars et truands » (Fayard) *

Quel était votre objectif de départ ?
Je voulais interroger la société française sur sa vision de la criminalité organisée depuis la Seconde guerre IMGP2962.JPGmondiale, date-clé de l’expansion du Milieu. Quand on perçoit la puissance de cette économie souterraine, on s’interroge sur le mythe du self made man ou sur la façon dont le cinéma participe à écrire une légende erronée de l’histoire du Milieu. A côté des truands, deux noms de stars sont revenus en boucle : Alain Delon et Johnny Hallyday. Et celui de Tapie.

Tapie ?
Lorsque Tapie est arrivé à Marseille, il criait partout qu’il n’avait peur de dégun. Les généraux du Milieu l’ont laissé s’époumoner jusqu’à ce qu’il comprenne qu’à Marseille, on ne fait rien sans le Milieu. Aujourd’hui, il doit s’en mordre les doigts même s’il sait beaucoup de choses…

A propos d'Alain Delon, qui n’a jamais caché ses liens d’amitié avec Gaétan Zampa, vous dévoilez qu’il a échappé de justesse à un règlement de compte...
En mai 1986, l’acteur était dans la ligne de mire d’un ami d’Alexandre Djouhri, lequel s’était retrouvé à l’hôpital après avoir pris des balles dans le buffet, un homme qui n’a pas pris le risque de tuer Delon devant des témoins.  Par la suite, Djouhri est devenu un homme d’affaires qui a préféré s’installer en Suisse et qui a effacé de sa vie ses années passées dans le Milieu parisien. C’est son droit, mais ce n’est pas un hasard car c’est une question de réputation. Comme Takkiedine, il est l’un de ces précieux intermédiaires, dont il faut rappeler que l’activité est tout à fait légale, qui permettent à des sociétés françaises de décrocher des gros contrats à l’étranger.

Ces sociétés sont-elles en lien avec la grande criminalité ?
En France, on considère que le grand banditisme n’a rien à voir avec ce monde opaque et discret qui travaille pour le « drapeau » français. C’est une grave erreur car le système des rétro-commissions fonctionne sur la confidentialité et la sécurité des transactions, donc sur la présence de puissants garants. Tenter de comprendre quelles sont les véritables fonctions des dits « intermédiaires » permettraient de mieux analyser le fonctionnement non pas d’une « mafia », au sens italien du terme, mais d’un système politico-mafieux typiquement français fait d’échanges de services permanents.

* L'interview est parue dans "SOD" dimanche 30 juin


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