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Notre dossier de l'été (5/5)

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Biarritz le clan des BO-bos
Les dessous people du Rocher de la Vierge 

Par Ch. B./Dessin de Marko pour CBP

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Biarritz, pour les natifs de l'intérieur, "c'est la principauté du Pays basque". Le Rocher là-bas, au loin, et ses manières bling bling. Mon boucher n'y met jamais les pieds. Pas parce qu'il est Avironnard. Ou natif d'Hélette. Non, parce que pour lui, "ce n'est pas le Pays basque", dit-il sérieusement. Alors, c'est quoi ? En moins de dix ans, Biarritz est devenue l'égal de Saint-Tropez, la Baule, Deauville ou Cannes sur l'échiquier up to date des destinations préférées de la planète people. Est-ce bien ou mal ?

La grande famille de Blanco

Dans ces glorieuses années 2000, Biarritz doit une grande partie de sa notoriété médiatique au club de rugby de la ville : le BO. Lire Biarritz Olympique, Pays basque doit on rajouter aujourd'hui dans ce monde impitoyable du rugby pro. De facétieux Bayonnais, sans doute jaloux, l'ont rebaptisé BO "Pas basque", en décrochant le Y il y a quelques années. Trois fois champion de France durant cette décennie bénie (en 2002, 2005 et 2006), le BO a été un vecteur important de la rénommée de la station en France mais aussi et surtout en Europe où le club basque a disputé la H Cup sans discontinuité durant toutes ces années grâce à une génération dorée de joueurs bien dans l'esprit du club, attachés à "leur ville" et à des valeurs communes (Harinordoquy, Yachvili, Brusque, Betsen, les Lièvremont, Traille, Thion, August, Bernat-Salles ou Peyrelongue pour ne citer qu'eux). Le BO, finaliste de la H Cup, en 2006 (Munster, 23-19) et 2010 (Toulouse, 21-19), a même remporté un titre européen, le Challenge, il y a deux ans contre Toulon (21-18).

Un homme, cependant, est à la base du succès du club : son président, et ancienne star de ce sport des années 80, Serge Blanco, 54 ans, joueur protée (surnommé le Pelé du rugby, 93 sélections, 38 essais) et homme d'affaires inné (groupe Serge-Blanco, dans l'habillement, XV; la thalasso, à Hendaye; ou l'hôtellerie, Brindos 5* à Anglet) qui a su très bien s'entourer tout au long de sa carrière sur et en dehors des prés. Au BO, Blanco a employé une façon de faire chère au rugby, en s'entourant d'anciens du club et d'hommes de confiance. Ceux qui ne se sont pas adaptés au système "familial", clanique disent ses détracteurs, n'ont pas fait long feu à l'instar de l'entraîneur Serge Milhas, "viré" l'an passé.

Serge Blanco (qui détient 14% des actions du BO), soutenu par son mentor (et généreux mécène) Serge Kampf, 79 ans, ancien PDG de Capgemini (une tribune du stade Aguilera porte son nom !), bien aidé par la Ville toujours au soutien, a réussi à monter son cher BO au plus haut niveau. Avant que l'argent d'hommes d'affaire encore plus fortunés ou de sociétés côtées au CAC 40 (Boudjellal à Toulon, Lorenzetti au Racing, Michelin à Clermont, Peugeot à Toulouse, les labos Fabre à Castres) n'investisse durablement ce sport et déclenche une course à l'armement (et donc aux gros salaires) que le club d'une petite ville de 25 000 habitants ne peut plus suivre aujourd'hui...

Surtout qu'à cinq kilomètres de là, un autre club basque évolue en Top 14, l'Aviron Bayonnais, le voisin et ennemi intime dont les supporteurs moquent sans ménagement Serge Blanco qu'ils surnomment "Smaïnos" (mélange de Smaïn et Carlos). Pas classe. La saison passée, le BO présentait un budget inférieur à celui de Bayonne, présidé par le lunetier Alain Afflelou : 17,33 M€ (8e de Top 14) contre 17,96 M€ (6e de Top 14). Le BO (9e) a même fini derrière l'AB (8e) en Top 14. Toulon, 4e budget (21,84 M€) a remporté le titre européen, tandis que Castres... 9e budget du championnat (15,61 M€) a gagné à la surprise générale le Bouclier de Brennus ! Tout n'est donc pas forcément une question de moyens financiers.

Sur le modèle de l'US Dax, "club de notables" par excellence, que Blanco a toujours respecté (1), le BO représente, en effet, un véritable pouvoir dans la ville : dirigeants, anciens joueurs ou équipiers actuels ont investi dans les affaires, en lien avec le tourisme bistan dena ; qui dans les campings et hôtels, qui dans les restaurants, qui dans les magasins ou les marques de vêtements, qui dans les sociétés et les projets immobiliers, etc. Le projet de "Super Aguilera", stoppé net en 2009 par la crise, et la liquidation du groupe Loft, a été un frein dans la marche en avant du club. Mais là encore, Serge Blanco s'était montré visionnaire en voulant copier le modèle de stade à l'anglo-saxonne, avec boutiques, hôtel, spa et tout le toutim. Le projet, dit-on, ne serait pas totalement abandonné.

La "famille" du BO ne limite donc pas son influence en ville au pré carré d'Aguilera; dans le sillage de Serge Blanco, sorte de grand manitou, de modèle de réussite, les stars des années 2000, à l'image d'Imanol (actuellement blessé au genou), qui a créé sa marque de vêtements IH (comme le boss, avec 15) ou Yachvili, toujours bien coiffé (merci Petrole Han) et propriétaire d'un camping (en attendant de racheter une thalasso ou un hôtel cinq étoiles, qui sait ?) ont su jouer de leur notoriété pour se lancer dans le business.

A l'heure où le BO fête ses 100 ans, Serge Blanco, fort de son réseau et de ses soutiens fédéraux, tente de surnager dans ce rugby mondialisé car son club chéri a terminé la saison dernière dans le rouge (la presse a parlé d'un déficit de 2,5M€) (2). Sa récente sortie dans "Midol" face, notamment, à Mourad Boudjelal, qui représente des "valeurs" que Blanco et ses condisciples de la FFR et, en partie, de la LNR n'approuvent pas, montre bien que le boss du BO a toujours les crocs. Pour l'avoir interviewé un paquet de fois, je confirme que Blanco est un homme franc, direct, qui ne craint "dégun" (personne) comme on dit sur la Rade, et qui n'use pas de la langue de bois. Sauf quand il faut gérer la crise et servir de paratonnerre à un club dans la tourmente. Blanco a su ainsi user de ses pouvoirs de séduction (envers la presse notamment) et de sanction (envers ses joueurs et entraîneurs) ces trois dernières saisons, lorsqu'il y avait le feu à la maison. 

Serge Blanco, que la presse parisienne aime présenter comme un véritable parrain du rugby français (3), est en réalité un amoureux fou de son club. De sa ville. Au point d'en devenir un jour le premier magistrat ? La rumeur a circulé un temps, mais ne semble plus d'actualité, Blanco a d'autres chats à fouetter. A commencer par gérer "son cher" BO, qu'il faut relancer. Lors de la récente présentation de l'équipe aux partenaires à Aguilera, sous un ciel admirablement bleu, "Sergio" a fait du... Blanco : "Parfois on se pose la question de savoir si on est un bon ou un mauvais dirigeant. Avec notre recrutement, nos joueurs vieux (…), boiteux pour certains ou fabuleux noctambules, je pense que je suis un mauvais dirigeant… Beaucoup de gens aiment donner beaucoup de leçons et moi les leçons je n'aime pas en recevoir."

Et le président d'ajouter : "Notre club vit depuis 100 ans. Ce n'est pas l'actuelle équipe en place et les dirigeants actuels qui vont faillir à cette tradition. C'est à nous de la perpétuer et de la renforcer. Nos combats ne passent pas que par des paroles mais par une vision future du Biarritz Olympique. Je dis aux joueurs que quand les gens vous prennent pour des mauvais, il faut leur prouver le contraire. La confiance ne se gagne pas, elle se mérite". Les joueurs, s'ils ne veulent pas s'exposer aux foudres du président-tout-puissant, savent ce qu'il leur reste à faire !

(1) Les anciens de l'USD (Albaladéjo, Bastiat, Bérot, Roumat, Lacroix, Lux, Lescarboura, Dourthe père et fils...) ont tous investi dans leur ville ou ont su se créer des situations de notabilité importantes, dans les affaires ou au sein du monde du rugby (FFR, LNR, ERC). 

(2) Serge Kampf a comblé le déficit du BO en juillet. Club qui a ensuite vu quatre de ses nouveaux contrats bloqués par la DNACG (L'Equipe.fr)

(3) "Le plus gros pardessus de l'ovalie", article de Laurent Télo dans "Le Monde" du 9 décembre 2012 a fait le buzz dans le monde du rugby. 


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